mercredi 24 décembre 2014

Joyeux Noel









Tandis que la polémique sur les crèches se poursuit, tandis que détracteurs et défenseurs exposent leurs raisons, je vous souhaite à tous un très JOYEUX NOEL !

J'ai beaucoup aimé le discours du maire de Castres (Tarn) , défenseur des crèches :

«Vous utilisez vous-mêmes le terme d'exposition à 7 reprises dans votre courrier. Il m'est permis de penser que, (pardonnez-moi l'expression), la messe est dite.» Le maire livre pour sa part une signification de la crèche : «Un signe d'espoir pour tous les sans-logement (...) La crèche c'est aussi un roi arabe et un autre africain qui viennent visiter un juif (...) un signe d'espérance et de paix en ces temps de choc de civilisations et de conflit au Moyen Orient (...)»
Et au-delà de quelques effets de manche, le maire castrais signe en conclusion : «Quant à moi, j'ose à peine vous dire quelles sont mes pensées quand je constate à quels misérables combats se consacrent de valeureux citoyens alors que tant de nos semblables seraient en droit d'attendre de votre sagacité qu'elle s'exerce au service de leurs souffrances et de leurs attentes.»

Le 24 décembre c'est aussi :

1524
                24 décembre
Décès de Vasco de Gama
               
1789
                24 décembre
Amélioration du droit au travail
L'Assemblée adopte un nouveau décret reconnaissant les non-catholiques (les protestants) et les comédiens aptes à tous les emplois civils et militaires. Le texte leur accorde également le droit de vote et d'éligibilité. Les juifs ne bénéficient pas de ces améliorations et restent soumis à des restrictions en matière d'égalité d'emploi.


                               
1865
                24 décembre
Fondation du Ku Klux Klan
Suite à la défaite des troupes confédérées sudistes lors de la guerre de Sécession, six jeunes officiers sudistes donnent naissance au Ku Klux Klan (KKK). L'organisation suprématiste blanche protestante entreprend divers actes de violence (raids, lynchages, agressions physiques et incendies). Dès 1971, la loi Ku Klux est votée au Congrès des États-Unis afin d'abolir le KKK.

1898
                24 décembre
Louis Renault construit sa propre automobile

               
1921
                24 décembre
Première émission radiophonique en France

1943
                24 décembre
Eisenhower chef des forces alliées

Le général américain  Eisenhower est nommé commandant en chef des forces armées par le président Roosevelt. Sa mission est de diriger les forces terrestres, navales et aériennes alliées chargées de libérer l'Europe occidentale de l'occupation allemande lors du débarquement prévu en Normandie (opération Overlord), en juin 1944. Le chef des forces alliées recevra la capitulation allemande à Reims le 7 mai 1945. Après une brillante carrière militaire, Eisenhower accèdera à la présidence de la République des Etats-Unis en 1952.
               
1968
                24 décembre
Premier équipage en orbite lunaire
               
1979

                24 décembre
Naissance de la fusée Ariane


La première fusée Ariane est lancée pour la première fois depuis le ciel du Centre spatial guyanais de Kourou. La réussite de ce lancement marque l'entrée de l'Europe dans la course aux étoiles aux côtés des américains et des soviétiques. Le programme européen Ariane s'orientera vers les lancements commerciaux à partir de décembre 1981.


"Celui qui n'a pas Noël dans le coeur ne le trouvera jamais au pied d'un arbre"(R.L.Smith)



Chanson extraite du répertoire des « enfants de l'espoir » ( paroles et musique J.Humenry)


Que tu sois blanc
Que tu sois noir
T'as les yeux couleur de l'espoir
Et tu travailles à ta façon
Pour changer le monde
Que tu sois blanc
Que tu sois noir
T'as les yeux couleur de l'espoir
Et tu travailles à ta façon
Pour éclairer l'horizon

Tu vis au sud ou bien au nord
Dans la misère, dans le confort
Tu n'emploies pas les mêmes mots
Mais ça r'vient au même
quand tu dis « je t'aime »

Dans ton quartier, dans ta cité
Y a des enfants à rencontrer
Alors tu rêves d'inventer
Tout autour du monde
Une immense ronde
En Amérique ou en Asie
Ils ont tous le même souci
Vivre la vie dans l'amitié
Lire le partage
Sur tous les visages . (extrait de "Au risque de me perdre" )

Ce devrait être Noel tous les jours ! Très belle chanson écrite par Odette Vercruysse.

mardi 23 décembre 2014

Alliance Saveurs et Vins : un concept original et une idée de cadeau !!!!


















« Je boirai du lait le jour où les vaches brouteront du raisin »…Cette citation attribuée à Jean Carmet, puis à Jean Gabin est en fait de Toulouse Lautrec !
Je pense qu'à part dans sa tendre enfance, il n'a sûrement jamais bu de lait à moins que l'absinthe soit à base de lait !
















Un peu d’histoire du vin :
La viticulture en France trouve ses sources à l'époque de la colonisation grecque.










Les Gaulois buvaient le vin pur et, par la suite, les Romains commencèrent à étendre la production et la consommation de vin à l'ensemble du territoire de la Gaule.
À partir du IVe siècle, le christianisme ne fit que renforcer la valeur attachée au vin.  Il est certain que la communion  (acte de recevoir le pain et le vin en mémoire du dernier repas du Christ avec ses disciples)  pratiquée jusqu’au XIIIe siècle, fut l’un des moteurs du maintien de la tradition viticole. Alors que les vins de l’Antiquité étaient coupés d’eau et agrémentés d’herbes et d’aromates, le vin sous la forme que nous le consommons aujourd'hui, apparut au Moyen Âge. Les cathédrales et les églises étaient propriétaires de nombreux vignobles, sous couvert de l’activité du « vin de messe », les moines géraient de nombreux vignobles.
Dans les siècles qui suivirent, les vignobles français dessinèrent peu à peu le paysage qui leur est actuellement connu.

La France retrouve en 2014 sa place de 1er producteur mondial de vin devant l’Italie et l’Espagne !!!! 
Le vignoble français produit 3240 vins différents sur 80 départements et 16 grands vignobles.


Pas toujours facile de faire un choix judicieux aussi, pourquoi ne pas profiter de ce nouveau concept proposé par Yves et Jérome et découvrir les vins du Languedoc Roussillon, un des plus grands domaines viticoles du Monde ! Retrouvez toute une série de Box dans lesquelles sont réunis des vins spécialement recommandés et sélectionnés par les consommateurs eux-mêmes, accompagnées de recettes élaborées par un chef.


Avec Alliance Saveurs et Vins, vous allez découvrir de bons vins mais, vous ne serez pas simplement consommateur puisque vous aurez votre mot à dire, des propositions à faire !

 Dans ce principe, vous devenez le centre du concept. Vous suggérez ces vins que vous avez découverts et qui méritent d’être connus. Cela permet à des petits viticulteurs de sortir de l’ombre et d’obtenir la reconnaissance qu’ils méritent !
Cette suggestion a pour objectif d'organiser des dégustations pendant toute l'année (dans toute la région) pendant lesquelles  les consommateurs pourront voter. Les trois meilleurs vins de la dégustation sont ainsi sélectionnés pour faire partie des prochaines Box.

N’attendez pas, allez retrouver Yves et Jérome sur le site d’ « Alliance Saveurs et Vins »

mais également sur Facebook :


"Jamais homme noble ne hait le bon vin" (François Rabelais)

"Je boirai du lait quand les vaches brouteront du raisin". ( Henri de Toulouse-Lautrec) ·


                                                       Départ vers une nouvelle vie !
                                     « Une vie sans émotion est une vie perdue » (Roger Fournier)
 






Nouvelle ville, nouveaux amis….
La ville que je découvre, cette ville de 50 000 habitants va devenir… ma ville ! Je revis ! Albi m'a redonné la vie !
Avec sa cathédrale, qui domine la rivière, avec son musée qui abrite les œuvres de Toulouse Lautrec, ce peintre célèbre qui naquit là, avec ses vieilles rues chargées d'histoire. J'aime cette ville et, je m'y sens bien ! Je flâne souvent dans le « vieil Albi », ancien centre de la ville où la brique et la tuile rouge dominent.
Pour rejoindre des amis qui habitent dans le quartier de la Madeleine, j’emprunte le Pont-Vieux, sous lequel coule le Tarn, initialement construit en pierre et par la suite paré de briques.
J’apprécie de trouver l’été la fraicheur et le calme dans la collégiale Saint Salvi avec son architecture où roman et gothique sont mêlés. Son cloître, havre de paix et de verdure est vraiment adorable.












La cathédrale Sainte Cécile de style gothique méridional m’avait surprise lorsque je l’avais vue pour la première fois. Son aspect extérieur s’apparente avec celui d’un château fort. Pourtant, en y pénétrant, je suis toujours admirative devant ce jubé, véritable dentelle de pierre blanche orné de plus de 270 statues. En levant la tête, comment ne pas être ébloui par cette voûte comparable à un ciel bleu immense décoré de peintures italiennes ?
Le musée que je parcours en admirant les œuvres de Toulouse Lautrec, nous le devons à la mère de cet artiste qui donna les fonds à la ville pour le construire afin de faire découvrir et apprécier les tableaux de son fils. Cet homme génial, né dans une famille de l'aristocratie de province, que l'on considérait comme l'âme de Montmartre, cet homme si sensible à la misère humaine mourut jeune à la suite de complications dues à l'alcoolisme et à la syphilis.
Il se plaisait à dire : « je boirai du lait quand les vaches brouteront du raisin »
Je pense qu'à part dans sa tendre enfance, il n'a sûrement jamais bu de lait à moins que l'absinthe soit à base de lait !

Les amis que j'accompagne dans la visite de la ville la trouvent splendide. Une amie gabonaise en est tombée amoureuse et, en partant, m'a dit : « je viendrai un jour vivre ici ! »










Une nouvelle vie va commencer pour moi. Je vais tirer un trait sur le passé et repartir à zéro ! J’avais tort de croire ça. un jour, le passé me rattrapera dans un crématorium et engendrera regrets et remords…. ! (Extrait de "Au risque de me perdre"


mercredi 17 décembre 2014

L'école ailleurs......

Chez nous, l'école est pour certains enfants une corvée, ailleurs, elle est une chance ! Les enfants font des kms pour y aller, conscients que l'école leur offrira une vie meilleure !


Une amie me propose durant l'été un voyage au Maroc. Je n'ai plus envie de voyager sans but aussi, grâce à Internet, j'entre en contact avec une petite association à Errachidia, dans le centre du pays. Fondée principalement par des enseignants, elle aide les enfants et leur propose des programmes variés le week-end et les vacances. L'été, grâce à des intervenants étrangers, des ateliers de langue sont proposés. Je demande à un des intervenants ce dont ils ont besoin. Il me demande des livres de bibliothèque. Nous partons très chargées depuis le midi de la France. Nous irons jusqu'à Ouarzazate.

Et, c'est avec un passeport tout neuf que nous repartirons vers le Maroc en 2007.
Notre ville de départ est Aix en Provence et, nous désirons aller jusqu'à Ouarzazate.
Nous sommes deux à conduire et, nous allons ainsi traverser toute l’Espagne et tout le Maroc. Cette fois, nous n'avons retenu aucun hôtel mais, nous avons beaucoup de chance !
Après une escale à Fnideq, nous poursuivons notre voyage vers Errachidia. L'arrière de la voiture croule sous le poids de livres de bibliothèque que j'ai récupérés chez des amis et au collège. Sur la route des vendeurs de chit nous interpellent.
Nous nous arrêtons dans le village de Chefchaouen. Avec ses petites rues étroites, la vieille ville s'apparente à un repère de brigands ! Il fait 43 degrés à l’ombre ! Nous ne nous y attardons pas et poursuivons afin d'atteindre Meknès dans la soirée.
Dans la région d’Ifrane, nous traversons les forêts de cèdres de l’Atlas. C'est amusant de trouver sur la route ces barrières de neige. Mon amie m'explique que l'hiver, rude dans ces régions là, les routes sont simplement fermées ! On ne déneige pas. On attend ! Le village se ferme sur lui-même et patiente. Le dégel viendra !





En route vers Errachidia, nous faisons une halte de temps en temps dans de petits villages.
Un enfant vient vers nous et, même s'il parle le berbère, nous comprenons qu'il quémande des bonbons. Hélas ! Nous n'avions pas prévu aussi, nous lui donnons des chips. Il aime bien cela et ouvre de grands yeux ravis ! Il nous montre d'un signe les livres qui sont à l'arrière. Je lui en offre un, il le feuillette et part content. Quelques minutes après, nous le voyons revenir avec une dame. Un large sourire s'ouvre sur une bouche édentée ! L'enfant nous explique par signes, qu'elle aussi voudrait un livre. Je lui en donne un. Ils partent tous deux contents. Cela sera peut être le seul bien précieux, le seul signe de l'instruction ? Deviendra t'il comme le dit Cicéron l'âme de la maison ? « Une pièce sans livres, c'est comme un corps sans âme. »
Dans ces villages reculés, bien des enfants ne vont pas à l'école parce qu'elle est trop loin Nous voici arrivées à Errachidia. Je contacte Rachid. Il vient avec un ami chercher les livres. Ils proposent de nous accompagner le lendemain à la source bleue de Meski. Au matin, ils viennent nous rejoindre et, je découvre cette source qui grouille de monde ! A une vingtaine de kms d’Errachidia, la source est un havre de fraicheur. Les enfants sautent dans l'eau, joyeux car, il est vrai que dans cette région, il fait très chaud l'été.

J'apprends ainsi que l'association qu'ils ont créée accueille les enfants pendant le mois de juillet. Différents ateliers sont organisés. Des volontaires étrangers apportent leur aide
                          
« Après le verbe « aimer », « aider » est le plus beau verbe du monde. » Bertha Von Suttner




« Si tu as de la chance, traverse. Si tu as de la destinée, avance. » Proverbe grec moderne


Et, j'ai eu de la chance, j'ai traversé les épreuves que ma destinée avait mises sur mon chemin vers le Maroc !!!!


 
Ce n'est pas mon premier voyage au Maroc.
Le premier m'avait amenée à Marrakech dont je garde un excellent souvenir lorsque nous sommes arrivées à nous libérer des guides qui se jetaient sur nous comme des abeilles sur un pot de miel ! Le club méditerranée situé à proximité de la place Djen Al Fna, était alors le point de ralliement de nombreux marocains en quête de touristes fortunés ! Ils ont vite compris que nous n'entrions pas dans cette catégorie et nous avons pu nous promener en paix.

Durant l'été 2005, nous décidons avec des amies de prendre la voiture et de faire la traversée Sète-Tanger en bateau, sur « le Biladi » ! Avant d'embarquer, alors que nous présentons les billets et papiers au guichet, mon amie me signale que mon passeport est périmé. C'est l'angoisse ! Elle le glisse sous les autres et, personne ne s'aperçoit de rien ! Je monte dans le bateau et, on verra bien !
Une autre surprise m'attend. J'ai un prénom masculin aussi, à la répartition dans les cabines, je me vois attribuer une couchette avec des hommes !
Même si j'aime bien la gent masculine, je me sens un peu gênée ! Je vais parlementer à l'accueil et, le problème se règle mais, je vais angoisser tout le voyage avec mon passeport…….
Malgré mon passeport périmé le voyage s'est passé sans encombres. J'ai simplement rêvé une nuit que le problème se découvrait au retour...
Nous voilà prêtes à embarquer la voiture dans le bateau. Un douanier marocain nous demande les passeports, regarde les occupantes et dit alors en me regardant :
Le passeport est périmé. Comment avez vous pu entrer au Maroc ?
Je lui explique alors que je ne m'en suis aperçue que très tard. Il me demande le suivre et de l'accompagner auprès d'un des chefs ! Il regarde mes papiers, hoche la tête et me regarde. Je lui dis alors :
Maintenant que je suis là, laissez moi repartir !
Il rigole et dit alors :
Qu'elle s'en aille !
Ouf ! J'ai eu chaud ! Mais, les surprises ne sont pas terminées ! Au moment de prendre possession de nos cabines…. rebelote ! Je suis dans une cabine d'hommes et, cette fois, j'ai beau m'expliquer d'autres personnes ont déjà été installées dans la cabine de mes amies. Je demande à voir le commandant.
Il me reçoit dans sa cabine en présence d'un de ses seconds. Je leur dis alors en riant :
Vous voyez, je suis une femme !
Je les amuse et, le problème est vite réglé. Je rejoins mes amies dans leur cabine. Le voyage est moins animé qu'à l'allée. Le retour est plus calme !
Au passage de la douane française, le responsable me dit en riant :
Il faudra refaire un passeport !
Ce que je m'empresserai de faire dès mon retour !


mardi 16 décembre 2014

« Celui qui ouvre une porte d'école, ferme une prison. » Victor Hugo











Mieux répartir les postes et prendre aux écoles les mieux dotées pour donner aux moins favorisées !
« La réforme permettra aux écoles, aux collèges, aux lycées de recevoir des moyens proportionnés, non seulement à leur démographie, mais aussi aux difficultés sociales et scolaires de leurs élèves »
Pour «donner le goût des maths aux élèves», la ministre entend renforcer la place du jeu……On ne travaille plus....on joue !
Mais, la vie n'est pas un jeu et, les enfants l'apprendront à leurs dépens vu que le goût à l'effort n'est plus d'actualité !

Tandis qu’en France, il faut redonner le goût de l’école par le jeu, dans certains pays les enfants sont conscients qu’aller à l’école est pour eux une chance et ils n'hésitent pas à faire des kms pour y aller !
Le goût de l'école commence à la maison !



« Celui qui ouvre une porte d'école, ferme une prison. » Victor Hugo












Le mardi matin, nous décidons d'aller rencontrer les instituteurs de Kassel (Sénégal). Eugène vient nous chercher.


L'école n'est pas obligatoire, c'est bien trop cher pour les familles. 65% des enfants termineront le primaire et, sur les 15%qui seront dans le secondaire, 2 à 3% simplement iront à l'université. Ils apprennent le français à partir du primaire.
Les enfants font parfois 5 à 6 kms matin et soir pour aller à l'école. Ils sont très motivés et contents d'aller en classe. Ils ont conscience que c'est une chance pour eux et sont très attentifs et étudient sérieusement. Les devoirs se font souvent la nuit, souvent dans la rue, sur un carton qui leur sert de bureau et, à la lumière d'une lampe à pétrole. Souvent le matin, avant de partir, ils aident aux travaux de la maison.
L'école de Kassel compte trois classes dont deux en dur. La classe des petits est une hutte au toit de paille. Dans la classe de CM2 les élèves me paraissent âgés. Rien à voir avec l'âge de nos élèves !




Lorsque je ferai découvrir mes photos en France aux élèves du collège, c'est la principale observation qu'ils me feront !
Toute l'école nous rejoint dans la cour. Nous déballons nos cadeaux. Les enfants regardent ravis les ballons de foot, basket et volley que nous leur amenons et les jeux de maillots. Une discussion s'engage au sujet des maillots de foot neufs. L'école les voudrait pour les élèves et le club, représenté par Eugène, pour l'équipe du village.
« Nous aussi, nous avons des grands ! » me dit un instituteur.
Ils attendent que je prenne la décision et, cela m'ennuie. Je vais donc trancher !

« L'école prendra les jaunes et les tee-shirts blancs et le club qui représente le village lors des rencontres inter-villages prendra les neufs. Et, pour les grands de l'école, le club donnera ses anciens maillots ! »
Je leur explique que l'équipe de foot représente le village, il est nécessaire de montrer une image valorisante. Avec ces superbes maillots, ils vont gagner. c'est sûr !
« Nous t 'enverrons la photo de l'équipe » me dit alors Eugène, ravi.
J'attends toujours la photo !
Août 2008 : j'ai appris le décès d'Eugène. Une crise cardiaque à 35 ans à peine…
Les instituteurs sont un peu déçus mais, il faut partager ! C'est une remarque que je me ferai à plusieurs reprises ; ce désir qu'ils ont, parce qu'ils n'ont rien, de tout s'accaparer !
J'ai aimé la réflexion de l'un d'entre eux :
« Elle va revenir, elle nous en amènera d'autres !

lundi 15 décembre 2014

Le temps des aveux (suite de mon témoignage sur le Cambodge)









Après Indochine et Est-OuestRégis Wargnier revient dans le sud-est de l'Asie pour raconter dans Le Temps des aveux l'histoire vraie de François Bizot, cet anthropologue français installé au Cambodge. Celui-ci est arrêté en octobre 1971 par des miliciens khmers rouges et conduit dans un camp de rééducation dirigé par Kang Kek Ieu, tristement connu sous le surnom de Douch.

Je me souviens d'Angkor et de ce guide qui nous conduisait dans ce site en nous disant de bien le suivre et de faire attention où nous mettions les pieds. Je savais que les khmers avaient placé des mines anti-personnelles dans tout le pays et j'ai compris qu’on pouvait craindre même dans des sites comme Ankhor. Et, quand je suis arrivée à Phnom Penh et que j'ai vu toutes ces personnes handicapées, ces personnes auxquelles il manquait une jambe ou autre, alors, j'ai mesuré la détresse des habitants de ce pays. La détresse de ces gens qui avaient sauté sur des mines anti-personnelles et vivaient ou survivaient depuis sur des fauteuils roulants de fortune, de ces vieux fauteuils donnés par les pays étrangers qui n’en avaient plus besoin. Tout cela, on le savait mais, on ne mesurait pas ce qui s’était passé là-bas. Quand le guide nous a raconté les tortures qu’il avait subies, les massacres de la population, j'ai compris ce qu'ils avaient vécu et ça m'a fait fait mal.

Le Cambodge… Le Cambodge a des frontières communes avec la Thaïlande à l'ouest et au nord-ouest, le Laos au nord-est et avec le Viêt Nam à l'est et au sud-est. Ancien protectorat français intégré à l'Indochine française, le Cambodge est devenu indépendant le 9 novembre 1953 à la fin de la guerre d'Indochine. Ce sera ensuite une monarchie constitutionnelle (depuis 1947) dirigée par le roi Norodom Sihanouk. Le pays est confronté, à partir de 1967-68, à une insurrection fomentée par les Khmers rouges - des rebelles communistes d'inspiration maoïste. Les Khmers rouges de Pol Pot, soutenus par la Chine communiste prennent Phnom Penh le 17 avril 1975 et installent un régime autoritaire maoïste.

L'« Angkar » (organisation) des Khmers Rouges applique alors une politique maximaliste, plus radicale encore que celle des soviétiques et des maoïstes, visant notamment à purifier le pays de la civilisation urbaine. Les villes, à l'image de Phnom Penh dans la nuit du 17 au 18 avril 1975, sont vidées de leurs habitants, envoyés en rééducation dans les campagnes. La traque systématique des anciennes élites, "identifiées" parce que parlant des langues étrangères ou portant des lunettes (par exemple), ajoutée aux mines placées par les deux camps, à la malnutrition et aux maladies aboutit à des massacres de masse et à une catastrophe humanitaire d'origine politique. En 1979, le Viêt Nam envahit le Cambodge. Après le départ des forces du Viêt Nam en 1989 et l'envoi de forces de l'ONU au début des années 1990, le régime retrouvera peu à peu un semblant d'autonomie. Le roi Norodom Sihanouk, redevenu chef de l'état, abdique en 2004 au profit de son fils cadet Norodom Sihamoni.
Anghor est l'ancienne capitale de l'Empire khmer qui prospéra du  IX° au  XVe siècle. Situé à sept Kilomètres de Siem Reap, le site d'Angkor s'étend sur 400 km carrés. Plus de 287 temples ont été dénombrés dans la région, dont la construction est échelonnée du IXème au XIIIème siècle.

Les murs d'Angkor sont couverts d'Apsaras, les danseuses célestes au torse nu et aux seins ronds. Elles sont plus de deux mille, toutes différentes. Chacun des visages a sa beauté et sa propre expression, chaque geste est différent. Le tissu, qui couvre d'un léger drapé le reste du corps, moule les cuisses et les jambes. Elles sont coiffées de tiares et de hauts diadèmes. Leur cou et leurs bras sont couverts de joyaux. Les Apsaras symbolisent une vie insouciante, pleine de beauté et de sérénité. On dirait qu'elles s'apprêtent à danser. Selon une veille coutume, il est considéré comme un devoir religieux de caresser les statues en passant et, je les ai carressés !!! Depuis des siècles, des mains qui ont touché la pierre, lui ont donné sa patine.

Angkor est un site merveilleux, une des richesses du Cambodge. 

dimanche 14 décembre 2014

Ile de Gorée !










Le samedi 13 décembre, aux Etats Unis, des milliers de participants ont manifesté dans les rues de Washington, New York ainsi que dans d'autres grandes villes américaines, pour dire NON aux violences policières, pour dire NON à la non inculpation de ces mêmes agents blancs, responsables de la mort de plusieurs noirs non armés !

Le Ku Klux Klan, ce mouvement qui prône schématiquement la suprématie de la « race » blanche sur les autres « races » et, notamment sur les descendants des anciens esclaves, est toujours présent ! Hélas ! 

Symbole de ce commerce indigne....Gorée !

Face à Dakar, Gorée a été du XVe au XIXe siècle le plus grand centre de commerce d'esclaves de la côte africaine. Cette île a connu la domination portugaise, néerlandaise, anglaise et française.  Avec ses  sombres quartiers des esclaves et ses élégantes maisons des marchands d'esclaves, l’île de Gorée reste encore aujourd'hui un symbole de l'exploitation humaine.
Nous nous promenons dans cette île charmante et aimerions visiter « la maison des esclaves ». Pas de chance ! Les horaires de la navette et ceux de l’ouverture de « la maison des esclaves » font que nous ne pourrons y aller. Mais, un groupe « d’officiels » se dirige vers la maison. J’en profite pour expliquer notre désir de visiter qui se heurte aux impératifs des horaires… Un homme me sourit alors et demande à leur guide de nous inclure dans leur groupe et, c’est en agréable compagnie que nous effectuerons cette visite. C’est une villa rose à deux étages.  Classée au patrimoine de l'Unesco, elle est devenue pour le monde entier le premier lieu de mémoire de la traite négrière. Au rez-de-chaussée,  nous découvrons l'entrepôt où étaient entassés hommes, femmes et enfants et cette  issue étroite donnant sur la mer, appelée «Porte du voyage sans retour» par laquelle des dizaines de milliers de captifs sont passés pour embarquer à destination des Amériques.
Visite émouvante même si, des affirmations publiées en 1996 dans le journal  "Le Monde" contestent  la véracité de « cette maison aux esclaves ». Les explications du guide suffiront pour imaginer ce qu’ont pu vivre tous ces esclaves que ce soit à Gorée ou ailleurs !
« La maison des esclaves » n’existait-elle que dans l’imagination de Joseph N'Diaye, conservateur de la Maison des esclaves de l'île de Gorée ?
Dans son livre, « il fut un jour à Gorée » il s’adresse aux enfants du monde entier. Il leur explique la capture des Africains, les marchés où ils étaient vendus  comme des animaux,  les soutes des bateaux dans lesquelles ils étaient entassés et qui les emmenait vers l’Amérique, leurs conditions de vie effroyables mais aussi leur lutte pour que cette humiliation prenne fin et qu’enfin l’esclavage soit aboli.
Peu importe que « la maison des esclaves » ait existé ! Joseph N’Diaye a accompli « un devoir de mémoire » en faisant de ce lieu un symbole !
Sur la place du village, une femme m’interpelle et me demande de lui donner un souvenir. Je n’ai pas grand-chose, sinon, un petit miroir de sac que je lui tends.
Ce qui est amusant est que je l’avais acheté à Lourdes et que la Vierge décore ce petit miroir ! Elle m'a remercié et a souri !!!

Chanson extraite du répertoire des « enfants de l'espoir » ( paroles et musique J.Humenry)
Que tu sois blanc
Que tu sois noir
T'as les yeux couleur de l'espoir
Et tu travailles à ta façon
Pour changer le monde
Que tu sois blanc
Que tu sois noir
T'as les yeux couleur de l'espoir
Et tu travailles à ta façon

Pour éclairer l'horizon (extrait de "Au risque de me perdre" )

"J'ai le rêve qu'un jour, mes quatre enfants vivront dans une nation où ils ne seront pas jugés pour la couleur de leur peau, mais pour leur caractère. » (Martin Luther King)

samedi 13 décembre 2014

Le temps des aveux.




Dans un peu moins d'une semaine, Régis Wargnier sortira son nouveau film "Le Temps des aveux" . C'est l'histoire du Cambodge lors de la prise de pouvoir des khmers rouges.
Présentation du film qui ne me laisse pas indifférente.....
Cela fait quelques années, au Cambodge :

"J’avais déjà ressenti ce désir de m'impliquer en parcourant le Vietnam mais, la langue était une barrière. Même si les personnes d’un certain âge parlaient français, la jeune génération connaissait surtout l’américain et je maîtrisais très mal l’anglais.
Je m’étais aussi sentie interpellée au Cambodge. Là, ils parlaient français et, la misère était présente. Les khmers avaient laissé un pays en ruine. Le pays était encore miné et, il n’est pas rare d’entendre que des mines tuent  et estropient encore aujourd’hui.
Les Kmers ….membres d'une organisation communiste, fondée en 1954 dans l'ombre du Parti communiste français. A leur tête, Pol Pot, Khieu Sampan, Son Sen...des hommes formés à Paris dans les années 1950 au Cercle des Études Marxistes. C’est en 1975 qu’ils prendront le pouvoir au Cambodge et le garderont jusqu’en 1979.
L'organisation khmère rouge, mettra alors en place une dictature d'une extrême violence.
Ils voulaient créer une société socialiste sans classe, purgée des séquelles de l'influence capitaliste et coloniale occidentale ainsi que de la religion. Des milliers d'enfants et d'adolescents étaient coupés de leur famille et fanatisés. Les communistes cambodgiens commirent un massacre immense (entre 1.5 et 2.5 millions morts selon les estimations) que l'ONU a déclaré comme génocide. Ce bilan range Pol Pot et les autres dirigeants communistes  parmi les plus grands criminels contre l'humanité du XX° siècle.
En voyage avec un groupe, j’ai aimé ce pays et suis restée émerveillée devant le site d’Angkor . Des gamines vendaient des cartes postales aux touristes et, je poussais ceux du groupe à acheter. Je me faisais des petites amies car, les enfants se tournaient souvent vers moi. Il est vrai qu’avec mes cheveux blonds et mes yeux bleus, j’étais « typée » là-bas tout comme eux, le sont chez nous !
Mais, je pense que je n’étais pas prête, que ce n’était pas le moment. Je crois aussi que j’ai eu peur : de cette misère, de ces mines anti-personnelles, de ces personnes handicapées que je découvrais sur ces chariots de fortune dans les rues de Phnom Penh.
J’ai eu peur lorsque le guide nous a raconté le calvaire qu’il avait vécu lorsqu’il avait été arrêté par les Khmers, incarcéré, torturé…." (extrait  d'un futur livre....peut être !!!!)

C'est avec beaucoup d'émotion que j'irai voir ce film....

jeudi 11 décembre 2014

Et, encore des réformes dans l'Education Nationale !










Quand je vois ce panel de réformes annoncées par notre Ministre de l'Education Nationale, je ne peux m'empêcher de secouer la tête ! La dernière, c'est la morale à partir de 2015 et, SVP, une morale laïque ! Et, quand on lit de tels articles, on ne peut que s'interroger sur le sens qu'elle donne à LAIQUE !

Chaque ministre y est allé de sa réforme ! Réforme qui tombe bien souvent à l'eau quand il s'en va !!!!

Cela m'amuse d'autant plus que, j'avais écrit ceci sur Xavier Darcos....C'était en 2007 !

Extrait de "Au risque de me perdre":

"Xavier Darcos, l’homme aux multiples facettes, s'efforçant à son arrivée d'amadouer enseignants, élèves, parents et syndicats, puis imposant ses réformes coûte que coûte et enfin, secoué par grèves et échecs, il quittera ce Ministère tel un «  soldat sacrifié »!
Dès son arrivée en 2007, il se présente comme l'ami du corps enseignant et va engager un bras de force avec Bercy afin de limiter le nombre de suppressions de postes.
Respectueux à l'égard des syndicats, il souligne à plusieurs reprises qu'ils sont, tout comme lui, des « défenseurs de l'école de la République » et ceux ci reconnaissent qu'il s'est efforcé de limiter les dégâts.
Le terme « concertation » est le maître mot de toutes ses réformes !
Il émet le désir de supprimer les cours du samedi matin. Dès septembre 2008, cette réforme est mise en place et dans l'ensemble bien accueilli.
Un rapport appelé « livre vert » laisse espérer que le milieu enseignant a enfin, un Ministre qui les comprend et avec lequel ils pourront enfin….communiquer !
Ce rapport comporte principalement un état des lieux mettant en évidence les conditions de l'évolution du métier et devrait être soumis à la réflexion gouvernementale par la suite
« Le temps de la décision sera celui du livre blanc qui rassemblera les propositions du gouvernement pour faire avancer la condition enseignante » ( Xavier Darcos)
Ce livre vert a fédéré bien des espoirs de reconnaissance du métier d'enseignant.... Il reste à souhaiter qu'un autre ministre mettra en application de telles idées.
Mais, le Xavier Darcos de 2008 est devenu tout autre. Que lui est-il arrivé ? A-t-il subi des pressions ? Lui a-t-on reproché d'être trop sympa ?




La deuxième période commence dès février 2008.
Alors qu'il n'évoquait que des ajustements, le voilà décidé à lancer de nouveaux programmes dans l’école primaire ! Il va jusqu'à prétendre qu'il n'est nul besoin de diplômes pour changer des couches, s’attirant ainsi les foudres de l ‘enseignement primaire !
La classe de maternelle va-t-elle disparaître ?
Le primaire ouvre la voie des hostilités tandis que le secondaire assiste désarmé à des suppressions de postes !
Le personnage qui s’affirme désormais est le réformateur que rien n’arrête ! Il fonce, sourd aux désirs des enseignants et la concertation… il la fait seul !
Il diminue les réseaux d'aide aux élèves en difficulté (RASED) dans le primaire et émet le projet de supprimer les instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM).
Le ton avec les syndicats se durcit !
Les mouvements de grèves commencent dès septembre 2008 et vont se multiplier durant toute l'année scolaire 2008-2009...
Lors du mouvement de protestation de novembre 2008, il se permet de dire que "les enseignants n’ont pas les syndicats qu’ils méritent »
Ce revirement ressemble fort à une déclaration de guerre !


Le ministre annonce une réforme des lycées pour septembre 2009. En novembre 2008, les lycéens manifestent contre la réforme en préparation. Le 15 décembre, devant le mouvement de grogne qui s'amplifie, la réforme est reportée, puis retirée.
Mais, il poursuit son travail de sape et annonce la suppression de treize mille cinq cents postes à la rentrée 2009 !
Là, c'est l'apothéose !
Il continue à se saborder et .....c’est la troisième période….. le début de la fin !
Grillé, il apparaît alors comme le « soldat sacrifié » !
"Cette politique d'appauvrissement, "ce sera votre Vietnam", lui a lancé le socialiste Jack Lang.
Mais, le primaire et le secondaire ne sont pas seuls à s'agiter. Les facs bougent elles aussi ...." (extrait de "Au Risque de me perdre" )

Je me souviens de mes amis marocains, fiers de me parler de cette "langue de Molière" qu'ils pratiquaient avec tant de plaisir et de talent !
Pauvre "langue de Molière, malmenée par des SMS qui ne s'expriment qu'en phonétique !
Mais, qu'un Ministre commence donc à lui redonner ses lettres de noblesse à notre belle langue !
Ce serait, à mon humble avis la 1ère chose à refaire....Apprendre aux enfants à lire, écrire et compter !
Je ne vous parle pas des difficultés que mes élèves avaient pour calculer le temps au tour lors de mes cours d'EPS ! 1h = 60 minutes.....pas possible ! "On n'a jamais appris ça " me disaient-ils ! Si, ils avaient appris mais, ils avaient aussi oublié très vite !

"La culture, c’est un moteur économique pour notre pays, pour son rayonnement – grâce à notre langue, la francophonie – pour son attractivité."

[ Manuel Valls : discours de politique générale à l’Assemblée du 16 septembre 2014)



Notre langue, bien malmenée ! Il est de moins en moins demandé aux élèves de bien parler Français et, lors des épreuves du BAC les correcteurs d'une autre matière que le Français ne doivent pas s'occuper de l'orthographe ! Drôle d'époque où la phonétique a remplacé notre si belle langue ! Les enfants de mes amis du Maroc parlent très bien le Français et en sont fiers !
Et quand un Président de la République se permet un "cass'toi pauv' con !!!" c'est une honte ! Ce n'est  pas un langage familier mais plutôt un langage vulgaire ! Mauvais exemple pour la jeunesse !

C'est une langue belle avec des mots superbes
Qui porte son histoire à travers ses accents
Où l'on sent la musique et le parfum des herbes..... (Yves Duteil)




Les enfants sont des énigmes lumineuses (D.Pennac)

En voyant les discussions autour de notre école et de l'évocation de cours de morale, je ne peux que penser au Sénégal et de cette petite garderie que j'ai découverte à Kafountine !
                                                                             








La garderie
                                                     «  Les enfants sont des énigmes lumineuses. » Daniel Pennac

Un matin, nous allons avec quelques membres de l'association visiter une garderie.
Awa, désireux d'aider les enfants qui traînent dans la rue a ouvert cette petite garderie aidé par un toubab : Jean qui s'est installé depuis de nombreuses années à Kafountine. Awa est charretier de son métier mais passe une partie de la journée avec les enfants. Des mamans l'aident bénévolement et, en échange, elles peuvent s'occuper de leur enfant à la garderie. Une soixantaine d'enfants assis sur de grandes nattes nous observent, curieux de voir ce que nous amenons. Certains viennent s'aventurer vers nous. Les dames accompagnent vers Awa les enfants qui ont de petits problèmes de santé. Celui-ci met la pommade, les gouttes dans les oreilles et les yeux. Les enfants se laissent faire docilement, confiants.
Grand, mince, cet homme a une allure superbe. Je l'imagine mal dans un emploi de charretier mais, il faut faire vivre la famille ! Il parle très correctement, emploie un vocabulaire recherché. Il a beaucoup de prestance, répond calmement. La collecte faite au collège comprenait aussi des petites peluches. Les enfants sont ravis et ouvrent de grands yeux devant ces petits chats, chiens, lapins...
Il se fait du souci parce que la garderie ne comporte qu'un petit local de fortune au toit de paille. Quand l'hivernage va arriver, que deviendront les enfants ? Il faudrait mettre un toit en tôle pour protéger. Il reviendra me voir avant mon départ. Il me parlera aussi d'un peintre qui serait prêt à aider et, je lui suggèrerai alors de mettre sur le bas les des murs, une toile blanche ou du papier sur lequel les enfants pourraient s'exprimer en dessinant ou en peignant. Mon idée d'impliquer Papa lui a plu et, il devait aller lui en parler.
J'ai appris par la suite qu'il avait loué un local en dur. Il doit prendre les enfants en photo pour proposer des parrainages aussi, je lui remets un appareil jetable. La petite somme demandée aux parents permettra de payer les loyers mais, ce n'est pas suffisant aussi, il m'a appelée un soir en France et m'a parlé de cette idée de parrainages. Cela permettrait au personnel d'avoir un petit salaire. Il n'a pu utiliser l'appareil jetable que je lui ai laissé parce qu'à Kafountine, il est impossible de développer. Je lui ai donc fait parvenir mon vieil appareil.
Les filles me rejoignent parfois chez Papa. Nico qui travaille au verger vient parfois avec elles. Alors, devant ce public, il prend sa guitare et nous fait un petit récital. A côté de la petite table, une bouteille ! En plaisantant, je lui demande quelle boisson il camoufle ainsi. Il se défend et invoque sa religion musulmane qui interdit la consommation d'alcool. Personne n'est dupe ! La bouteille contient certainement du soum-soum, cet abominable alcool de palme frelaté. Les filles ont remarqué de l'herbe à côté du lit, du chanvre indien sûrement !
Depuis ma visite à la garderie, je m'interroge. Pourquoi n'irait-il pas aider les enfants ? Il est chanteur, conteur, c'est un griot ... Cela peut apporter un plus aux enfants et, lui, sortira de cette pièce, s'ouvrira au monde. Même s'il ne la voit pas, je suis certaine qu'il est conscient de l'état de cette pièce mais, il a un toit. chose qu'il n'avait pas à Dakar. Il connaît Awa et, me promet qu'il ira lui en parler... Bien sûr, le lendemain, il n'y est toujours pas allé. En revenant au Bolonga, je m'arrête chez Jean et lui parle de mon désir d'amener Papa à s'impliquer dans cette garderie. Il trouve mon idée excellente et me promet d'en parler à Awa.

Mais, Papa n'ira pas dans les écoles et je ne sais ce qu'est devenu cette garderie.....un jour, quand je reviendrai......



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